[société] Celui qui boit, c’est celui qui ne démarre pas
Publié : 05 sept. 2008, 08:50
Source : JIR
http://www.clicanoo.com/index.php?page= ... cle=189541
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L’éthylotest antidémarrage va débarquer à La Réunion en 2009. Une sanction pénale qui sera inscrite dans le projet de loi Alliot-Marie. Le principe : un test embarqué et individualisé qui empêche un conducteur ivre de démarrer sa voiture.
Une machine qui empêche les conducteurs alcoolisés de pouvoir démarrer sa voiture : voilà qui attend les Réunionnais en 2009. Plus fort et persuasif qu’une leçon de morale ou qu’une suspension de permis : l’éthylotest antidémarrage. Le principe est bête comme chou : un appareil électronique branché sur le tableau de bord d’une voiture. Le conducteur souffle dedans. Si l’alcoolémie dépasse le taux autorisé, il est alors impossible de démarrer le véhicule. Quant aux petits malins qui voudraient faire souffler un ami sobre ? Impossible : l’éthylotest est “personnalisé”. Durant ces derniers jours, le docteur Charles Mercier-Guyon, chargé de mission par le ministère de l’Intérieur et président du Centre d’études et de recherche en médecine du trafic, a fait la tournée des popotes dans l’île, afin de présenter le projet. Parmi les premiers interlocuteurs : les parquets de Saint-Denis et Saint-Pierre, ainsi que la préfecture. Sa mission : l’explication. L’application de l’éthylotest antidémarrage devrait s’ajouter à la liste des sanctions pénales à l’encontre des délinquants routiers. “L’éthylotest antidémarrage doit absolument s’inscrire dans un programme adapté, avec des stages et un suivi régulier”, explique-t-il. Installé dans le département pilote de Haute-Savoie, l’éthylotest a été requis pour 200 délinquants depuis 2004. 23 000 conducteurs sont déjà équipés au Québec, et 80 000 aux États-Unis. “L’éthylotest présente cinq intérêts. Il empêche des gens alcoolisés d’être sur les routes. Il réduit le risque de rouler sans permis. Il diminue par trois à quatre le risque de récidive. Et il permet surtout à la personne condamnée de conserver son travail et de cibler les “buveurs sociaux”, plus que les alcooliques chroniques”, synthétise-t-il. Le hic ? Le prix du dispositif : 1 280 euros pour 6 mois. Soit le coût de l’installation de l’équipement, sa location, le paiement du stage de sensibilisation et quelques frais administratifs. “C’est le prix d’un whisky par jour”, rétorque le médecin. Le projet de loi de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie va passer devant le Sénat en octobre. La ministre souhaite la faire adopter au début de l’année 2009. Ce serait le moment où les éthylotests débarqueraient à La Réunion, au nombre d’une cinquantaine. Une nouvelle possibilité pour la justice d’étendre sa palette de sanctions… avec modération
Julien Balboni
Le doute pèse sur les tests salivaires
Le docteur Charles Mercier-Guyon, membre de la Commission nationale des stupéfiants et substances psychotropes a fait part, hier, de ses doutes sur la fiabilité des futurs tests salivaires de dépistage de stupéfiants. “Ils ne fonctionnent pas très bien, principalement en ce qui concerne la détection de cannabis. Un test sur 4, à 5, ne permet pas de déceler la présence de THC (tétrahydrocannabinol, la substance euphorisante contenue dans le cannabis), contrairement aux tests sanguins dont la fiabilité n’est plus à démontrer”, précise le médecin. “L’autre souci, c’est le prix des tests : 10 euros l’unité contre 4 à 5 euros pour les tests urinaires.” Quant aux fumeurs de cannabis “passifs”, qu’ils se rassurent. “À moins d’être coincé dans une voiture fermée, entourée de quatre fumeurs, il y a peu de chance d’être contrôlé positif”, note le docteur Mercier-Guyon. 50 000 tests ont été achetés par le ministère de l’Intérieur. À La Réunion, on attend toujours l’arrivée des tests salivaires, suspendue à la décision du ministère. Ce devrait être une question de mois