Bientôt 4 nouveaux radars fixes dans l'île cette année
Publié : 09 avr. 2010, 08:02
source : http://www.clicanoo.rePrévus en 2008, c’est cette année que les quatre radars fixes supplémentaires annoncés par la préfecture feront leur apparition sur nos routes. La zone de la Ravine des Chèvres fera l’objet d’une attention toute particulière dans les deux sens de circulation. Les quatre radars préfigurent les “zones de contrôle fréquent” appelées à se multiplier dans l’île.
Leur installation n’a été que différée. Dans le cadre d’un nouvel appel d’offres national visant à installer 800 machines supplémentaires sur le territoire d’ici à 2012, la Réunion s’est vue valider l’installation de quatre radars fixes supplémentaires. En fait, la continuité d’un projet remontant à 2008 dans le cadre d’un précédent appel d’offres (nos éditions précédentes). “Mais, avec le besoin d’équiper rapidement la route des Tamarins (deux radars), ces installations n’ont pas été maintenues”, commente le sous-préfet de Saint-Benoît en charge de la sécurité routière, Serge Bideau. Pour ce dernier, malgré l’existence de onze radars fixes dans l’île (et quatre mobiles), les quatre nouvelles installations sont jugées “pertinentes” pour le représentant de l’Etat. “Le seul objectif est de continuer à faire baisser la vitesse moyenne sur nos routes et nous y arrivons. Le taux de gravité (nombre de morts pour 100 accidents) était le double de la métropole, il y a quatre ans. Aujourd’hui, nous sommes au même niveau avec 6,5 tués pour 100 accidents”. Le nombre de blessés hospitalisés a également chuté de 22% en trois ans. Pour rappel, si le nombre de morts sur les routes de l’île était de 112 en 2001, il chutait à 48 l’année dernière. Un record. Mais ces bons résultats sont-ils du seul chef des radars, fixes et mobiles ? Pour les autorités, d’une façon générale, la baisse du nombre de morts serait la conséquence d’une politique globale portant sur une répression en hausse et une plus forte sensibilisation. “Les radars ont permis de supprimer de gros points noirs accidentogènes, mis à part la Ravine des Chèvres, en obligeant les usagers à lever le pied”, poursuit Serge Bideau. “Et si nous les enlevions ? Que se passerait-il ? Les gens rouleraient plus vite, tout simplement”, poursuit Gilbert Riquebourg, en charge de l’observatoire départemental de sécurité routière. À ses yeux, il y a bien un “effet radar”. Mais, pas seulement. Le spécialiste veut croire en une certaine “prise de conscience” des usagers. Le sous-préfet rappelle par ailleurs que les installations “répondent également à des demandes de riverains et des gestionnaires des routes”. Pour le sous-préfet, “désormais, nous devons traiter les zones où les excès de vitesse restent récurrents”. Trois des nouvelles machines devraient être installées dès cette année. Le radar de la Ravine des Chèvres (sens montant) étant en cours d’étude de faisabilité (voir par ailleurs). À l’avenir, Serge Bideau n’exclut pas l’installation d’autres machines : “La RN1 restant à étudier depuis l’ouverture de la route des Tamarins, sans oublier celle du tronçon de Grand Bois et prochainement celle de la déviation de Saint-Joseph. Nous devons d’abord étudier quels sont les comportements sur ces axes”. Dans une interview accordée au JIR avant son départ, l’ancien sous-préfet en charge de la sécurité routière, Claude Villeneuve, estimait que la barre des 20 radars sera atteinte un jour ou l’autre à la Réunion...
P.Madubost Photos : archives R.P et LLY
- Des radars... et des contrôles Grande nouveauté annoncée par le sous-préfet en charge de la sécurité routière, Serge Bideau : les quatre nouvelles machines seront installées dans des “zones de contrôle fréquent”. L’une des mesures phares annoncée par François Fillon en février dernier avec les “radars tronçons”. Les panneaux n’annonceront plus seulement un dispositif radar fixe, mais une zone plus vaste de contrôles pour éviter que les automobilistes ne ré-accélèrent juste après le passage du radar. Jusqu’à aujourd’hui, les panneaux indiquaient la présence d’un radar à 500 mètres, ce ne sera plus le cas. “La machine sera installée entre 500 m et deux kilomètres”, précise Serge Bideau. “Les automobilistes sauront qu’ils entrent dans une zone appelée à être fréquemment contrôlée”, poursuit-il. En plus des radars fixes, des contrôles supplémentaires avec des radars embarqués ou des opérations des forces de l’ordre “forceront les automobilistes à ralentir durant toute la traversée de la zone jugée accidentogène”. À terme, l’ensemble des radars fixes sont appelés à suivre le mouvement...
- Les motards paient un lourd tribut Le chiffre à de quoi faire réfléchir : depuis le début de l’année, la Réunion a enregistré plus de morts de motards que sur l’ensemble de l’année 2009. Six motards (et deux cyclomotoristes) ont perdu la vie durant le premier trimestre, contre quatre motards pour l’ensemble de l’année dernière. Au 31 mars dernier, les chiffres de la sécurité routière enregistraient au total 13 tués (six motos, deux cyclos, deux VL et trois piétons), soit trois de moins qu’à la même époque en 2010. Depuis, un 14e décès est à déplorer : celui d’une mère de famille dans l’Ouest au volant de son véhicule. Si un tiers seulement des accidents ont lieu hors agglomération, ces derniers restent à l’origine de 2/3 des tués sur nos routes. La majorité des accidents reste concentrée les vendredis, samedis et dimanches, dans un créneau situé principalement entre 18h et 22h. La sécurité routière le rappelle : baisser sa vitesse de 10% diminue en moyenne de 40% les chances d’avoir un accident sur la route.
- Deux radars pour la Ravine des Chèvres
Sur les quatre radars fixes supplémentaires initialement prévus en 2008, deux sont maintenus : un radar au niveau de la Ravine des Chèvres (sens Saint-Denis-Saint-Benoît), au niveau de la Ravine Charpentier (110 km/h) - dans la ligne droite précédant les lacets - et le radar de la RN3 (sens Saint-Pierre vers le Tampon), au niveau de l’échangeur front de mer/boulevard Bank (110 km/h). Les deux machines programmées dans l’Ouest - à Boucan Canot (Grand-Fond) et à la Grande-Ravine (jugé infaisable techniquement) - sont elles annulées. En tout cas pour l’instant, les autorités souhaitant d’abord analyser les comportements depuis l’ouverture de la route des Tamarins. Les deux radars supplémentaires seront installés dans le Nord et dans le Sud. Le premier devrait être également placé à la Ravine des Chèvres, dans le sens Saint-Benoît vers Saint-Denis (étude de faisabilité en cours), dans une zone restant à définir, soit à 110 km/h, soit à 90 km/h. Ce qui ferait deux radars sur cette zone comptant comme l’une des plus accidentogènes de l’île. Pour ce dernier radar, les autorités sont à la recherche de l’emplacement “idéal”, une ligne droite de 80 mètres étant un minimum pour l’installation d’une machine. Le quatrième radar traquera lui les excès de vitesse au niveau de Pierrefonds, sur la RN1, en direction de Saint-Pierre (110 km/h).
- Le Cap la Houssaye en tête
Le nombre d’excès de vitesse enregistrés par les radars fixes et mobiles en 2009 a atteint 88 000 procédures. Le nombre de procédure est donc légèrement en hausse par rapport à 2008 (85 000 procédures). Dans 90% des cas, les excès de vitesse dépassent de 20 km/h la vitesse autorisée. Les radars fixes connaissent une hausse notable avec 55 000 flashs, contre 44 000 en 2008. Ces derniers profitent de “l’effet” route des Tamarins. Les radars du Cap la Houssaye et Ravine du Trou flashent en moyenne 3 000 fois par mois. La palme revient au premier, situé en descente, avec en moyenne 2 300 procédures mensuelles. Les autres radars fixes voient leur nombre de procédure se stabiliser ou diminuer : 1 200/1 500 flashs en moyenne pour la route du littoral, seulement une centaine pour Saint-André, environ 550 pour le Lancastel, en légère diminution. Du côté des radars mobiles, les procédures sont elles en baisse : 33 000, contre 41 000 en 2008. Raison avancée par les autorités : un accent mis sur les contrôles d’alcoolémie en 2009, et non sur la vitesse.
