Sources : http://www.clicanoo.comLe groupe Caillé au bord du gouffre
Frappé de plein fouet par la crise de l’automobile, en grandes difficultés depuis un an, le groupe Caillé demande aujourd’hui son placement en procédure de sauvegarde. C’est légalement la dernière étape avant le dépôt de bilan.
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Depuis plusieurs mois, on savait le groupe Caillé en grandes difficultés. Frappé de plein fouet par la crise de l’automobile, secteur dans lequel les ventes ont baissé de 30% en 2009 à la Réunion, le poids-lourd local avait obtenu en juillet dernier un prêt de 18 millions d’euros à l’issue d’une éreintante procédure de conciliation. Aujourd’hui, le PDG du groupe, François Caillé, franchit une étape supplémentaire en demandant auprès du tribunal de commerce son placement en procédure de sauvegarde. La majorité des entreprises du groupe sont concernées par cette mesure. La décision a été prise dimanche soir lors d’une réunion de direction. Les équipes qui devaient présenter aujourd’hui le business plan et le tableau de trésorerie prévisionnelle aux cinq banques créancières ont dû se rendre à l’évidence. La procédure de sauvegarde était la seule issue. Hier, François Caillé a donc passé la journée à diffuser et expliquer l’information à la centaine de représentants du personnel des différents comités d’entreprise du groupe. En effet, légalement, la procédure de sauvegarde est réservée aux “débiteurs qui ne sont pas en état de cessation des paiements, mais qui rencontrent des difficultés qu’ils ne peuvent surmonter et qui sont de nature à les conduire à la cessation de leurs paiements.”
Six mois pour redresser la barre
Concrètement, la procédure consiste en l’ouverture d’une période d’observation de 6 mois, renouvelable une fois. Ce délai doit permettre de procéder à l’inventaire du patrimoine du groupe, à son diagnostic économique et social, ainsi qu’à l’élaboration d’un plan de sauvegarde d’une durée maximale de 10 ans. Pendant ce temps, François Caillé conserverait son pouvoir de gestion, l’administrateur qui serait nommé par le tribunal n’assurant qu’une mission d’assistance et de surveillance. Mais pire que le placement en procédure de sauvegarde de son groupe serait pour François Caillé le rejet par le tribunal de commerce de sa requête. C’est pourtant le risque, si le groupe était considéré comme étant déjà en état de cessation de paiement. Dès lors, un huissier de justice devrait statuer sur l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire. Certes, on n’en est pas là. N’en reste pas moins que c’est aujourd’hui un mastodonte de l’économie locale qui vacille. Apparu dès 1919 et créé sous sa forme actuelle en 1945, le groupe Caillé compte 78 filiales et plus de 3 000 salariés à la Réunion, mais aussi à Madagascar, Mayotte et Paris. Spécialisé dans l’automobile et la grande distribution, il a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires consolidé de 730 millions d’euros. Juste avant la crise mondiale, en janvier 2008, le groupe Caillé avait racheté les sociétés d’exploitation du groupe Dindar. L’an passé, il avait passé ses enseignes Champion et Dia chez Leader Price. Enfin, il y a quelques mois encore, le groupe visait le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2010
Séverine Dargent
Asso




