Les instances officielles (ASN et IRSN) et indépendantes (la Criirad) sont unanimes: les risques liés au passage du nuage radioactif en provenance du Japon sur la France, aujourd'hui ou demain, sont minimes. Explications.
Une radioactivité fortement diluée.
Les émissions radioactives de la centrale de Fukushima (qui seraient inférieures de 1.000à 10.000 fois à celles de Tchernobyl, selon un expert de l'Autorité de sûreté nucléaire), située à plus de 10.000km de la France, ont eu le temps d'être diluées dans des volumes d'air de plus en plus importants. Par ailleurs, les produits radioactifs présents dans l'air se déposent progressivement au sol ou dans la mer, soit en dépôts secs ou humides, plus intenses, provoqués par la pluie ou la neige; ce qui conduit à appauvrir progressivement le panache et à abaisser sa dangerosité. Enfin, l'activité des produits radioactifs diminue avec le temps.
Un risque d'irradiation négligeable.
Le risque d'irradiation par les masses d'air contaminées est négligeable, affirme la Criirad en fonction des éléments ci-dessus. Le risque associé à l'inhalation des aérosols et halogènes radioactifs présents dans l'air devrait être très faible. La mise en oeuvre de mesures du type prise de comprimés d'iode stable ne serait en aucun cas justifiée.
Pas de risques pour l'eau et les aliments.
De même que le risque d'irradiation des personnes par les produits radioactifs déposés sur les sols sera négligeable, selon la Criirad, celui lié à l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par les retombées radioactives devrait rester limité.
Pas de contamination constatée.
Le laboratoire de la Criirad, à partir de prélèvements de filtres à poussières et de filtres à charbon actifs, effectués, hier, sur ses balises de surveillance, confirme l'absence de contamination mesurable dans l'air. Ces contrôles seront intensifiés dans les jours à venir, ainsi que des analyses de dépôts secs et d'eau de pluie.
Pas de conséquence sanitaire et environnementale.
Les 163balises d'alerte du réseau Téléray de l'IRSN - l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, expert national des risques en la matière - en fonction en métropole (plus sept Outre-mer) ont toutes les chances de ne pas détecter les radionucléides (Césium 137 notamment) du panache attendu, compte tenu d'un niveau de concentration trop faible qui, selon l'IRSN, «seront sans conséquence sanitaire et environnementale».
Plusieurs passages possibles.
D'autres nuages en vue? Si ce passage radioactif risque de ne pas s'attarder sur nos têtes, il faut s'attendre à d'autres passages, en fonction de l'évolution de la météo et, bien entendu de la situation à Fukushima qui continue à émettre des rejets tant qu'il n'y aura pas de couvercle, selon l'ASN. Quoi qu'il en soit, il est possible de suivre l'évolution de la dispersion de ce nuage sur le site de l'IRSN, via une modélisation réalisée avec Météo France.
Les mesures pour s'y retrouver.
Le Béquerel (nombre de désintégrations par seconde) est utilisé pour mesurer l'activité d'un élément radioactif. Le Sivert, lui, sert à mesurer l'effet d'un rayonnement sur un humain. On parle de faible dose en dessous de 100 milliSivert pour un adulte et de 50mS pour un enfant. En France, une activité nucléaire ne doit pas générer un rayonnement de plus d'1mS/an pour le public et de 20mS/an pour un travailleur. À noter qu'un scanner corps entier expose à une dose de 10mS.
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